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Frappes au Venezuela : Washington annonce la capture de Nicolás Maduro, Caracas dénonce une « agression »

Les États-Unis ont mené dans la nuit une opération militaire au Venezuela, ponctuée de frappes dans la capitale Caracas et dans plusieurs régions du pays, et affirment avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro ainsi que son épouse, Cilia Flores. L’annonce a été faite par le président américain Donald Trump sur son réseau social, sans que tous les détails de l’opération n’aient été immédiatement rendus publics.

El Ávila National Park, Caracas
Credit: Oscar Costero/Wikimedia Commons, license CC BY-SA 4.0

El Ávila National Park, Caracas

Selon l’agence AP, au moins sept explosions et des survols d’aéronefs ont été signalés vers 2 heures du matin à Caracas, tandis que des images et vidéos circulant sur les réseaux sociaux montraient des lueurs et des colonnes de fumée au-dessus de sites sensibles. Les autorités vénézuéliennes ont évoqué des frappes contre des installations civiles et militaires, et ont appelé la population à descendre dans la rue.

Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient mené une « frappe de grande ampleur » et que Nicolás Maduro avait été « capturé et sorti du pays », en lien avec des opérations des forces américaines et des services fédéraux. Reuters rapporte qu’un responsable américain a évoqué l’implication de forces spéciales, tandis que l’exécutif américain a laissé entendre que Maduro pourrait être poursuivi aux États-Unis, sur fond d’accusations liées au narcotrafic déjà formulées par la justice américaine ces dernières années.

AP précise que l’administration américaine n’a pas, dans l’immédiat, clarifié la base juridique de l’opération, ce qui a déclenché des interrogations, y compris au Congrès, sur l’autorisation d’un usage de la force.

Côté vénézuélien, des responsables du pouvoir ont qualifié l’opération de « kidnapping » du chef de l’État et d’atteinte à la souveraineté nationale. La vice-présidente Delcy Rodríguez a notamment demandé une preuve de vie concernant Nicolás Maduro et son épouse, alors que la question de l’exercice du pouvoir à Caracas restait floue dans les heures suivant l’attaque.

L’opération américaine a provoqué une onde de choc diplomatique. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé un franchissement d’une « ligne inacceptable » et a appelé à une réponse « vigoureuse » des Nations unies ; Brasilia indique aussi que le Venezuela a fermé sa frontière avec le Brésil, axe majeur de passage de réfugiés.

Dans une liste de réactions compilée par Reuters, la Russie a condamné une « agression armée », le Mexique a rejeté une action unilatérale contraire à la Charte de l’ONU, tandis que d’autres dirigeants — notamment en Amérique latine — ont au contraire salué la chute annoncée de Maduro. L’Union européenne, de son côté, a appelé à la retenue et au respect du droit international.

À ce stade, plusieurs éléments clés demeurent incertains : le bilan exact des frappes, l’ampleur des dégâts, ainsi que le lieu de détention et les modalités judiciaires envisagées pour Nicolás Maduro. Les prochaines heures doivent aussi préciser si Washington compte s’en tenir à cette opération ou exercer une pression accrue sur le reste de l’appareil chaviste.


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