À quelques jours du début de l’automne météorologique, la question se pose déjà : la France pourrait-elle connaître une nouvelle canicule en septembre 2026 ? Après un début d’été exceptionnellement chaud et plusieurs épisodes caniculaires, les tendances à long terme indiquent que la chaleur pourrait encore jouer les prolongations. Mais, à ce stade, il est impossible d’annoncer avec certitude une véritable canicule pour septembre.
Un mois de septembre probablement plus chaud que la normale
Les dernières tendances climatiques publiées par Météo-France privilégient, pour la période août-septembre-octobre 2026, un scénario plus chaud que la normale sur la France et plus généralement sur l’Europe. Cette configuration serait notamment favorisée par la persistance possible de situations de blocage anticyclonique sur le nord de l’Europe.
Cette tendance ne signifie toutefois pas que chaque journée de septembre sera chaude. Les prévisions saisonnières décrivent une moyenne sur plusieurs semaines ou plusieurs mois : des périodes fraîches, pluvieuses ou orageuses peuvent donc parfaitement alterner avec des séquences très chaudes.
Certaines tendances météorologiques plus récentes envisagent notamment un regain de chaleur dès le début du mois de septembre, après une dernière partie d’août plus perturbée. Météocity évoque ainsi une anomalie possible de l’ordre de +1 à +2 °C au début du mois, notamment dans l’ouest et le nord de la France.
De son côté, Météo & Radar estime que septembre 2026 pourrait afficher, à l’échelle nationale, un excédent thermique de l’ordre de +1,5 à +2 °C, avec une probabilité supérieure à 60 % d’un mois plus chaud que la normale. La première quinzaine pourrait conserver un caractère assez estival avant une possible évolution vers des conditions plus perturbées au cours de la deuxième partie du mois.
Peut-on déjà parler de canicule en septembre 2026 ?
Non. Il est encore trop tôt pour annoncer une canicule en septembre 2026.
Une tendance saisonnière plus chaude que la normale ne constitue pas une prévision détaillée. Météo-France insiste précisément sur ce point : la probabilité élevée d’un trimestre chaud ne permet pas de déterminer plusieurs semaines à l’avance le nombre, l’intensité, la durée ou la localisation d’éventuelles vagues de chaleur.
Le terme « canicule » possède par ailleurs une signification météorologique précise. Il désigne une période d’au moins trois jours au cours de laquelle les températures restent très élevées de jour comme de nuit, avec des seuils qui varient selon les départements et qui correspondent à un risque sanitaire significatif. Une ou deux journées à 32 ou 35 °C en septembre ne suffisent donc pas nécessairement à qualifier un épisode de canicule.
Les prévisions réellement utiles pour identifier un épisode caniculaire commencent généralement à devenir beaucoup plus pertinentes à une échéance de quelques jours.
Après un été 2026 déjà exceptionnel
La possibilité d’une chaleur tardive est néanmoins prise au sérieux en raison du contexte exceptionnel de l’année 2026.
Juin 2026 est devenu le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne de 22,7 °C, soit 3,8 °C au-dessus de la normale 1991-2020. Une canicule particulièrement intense a touché le pays du 17 au 30 juin et jusqu’à 72 départements ont été placés en vigilance rouge canicule, un niveau jamais atteint depuis la création du dispositif en 2004.
Une deuxième longue vague de chaleur s’est ensuite produite du 4 au 19 juillet. La France a encore connu plusieurs séquences de chaleur durant l’été, notamment à la mi-août, lorsque des températures proches de 40 °C ont été observées dans plusieurs régions.
Juillet a lui aussi été exceptionnellement chaud et sec. Fin juillet, Météo-France signalait une sécheresse des sols comparable aux niveaux records observés à la mi-août 2022 et un déficit national de précipitations proche de 70 %.
Dans ces conditions, même une chaleur moins extrême en septembre peut conserver des conséquences importantes, notamment sur la sécheresse, les ressources en eau et le risque d’incendies.
Une canicule en septembre est-elle exceptionnelle ?
Les fortes chaleurs de septembre sont moins fréquentes que celles de juillet ou d’août, mais elles ne sont plus exceptionnelles.
L’exemple récent le plus spectaculaire reste septembre 2023, qui fut le mois de septembre le plus chaud jamais observé en France métropolitaine. Entre le 3 et le 11 septembre, les températures avaient été de 4 à 6 °C supérieures aux normales, avec des maximales dépassant fréquemment 30 °C sur une grande partie du territoire. Météo-France avait alors qualifié l’épisode de chaleur tardive d’inédit par son intensité et sa durée, notamment dans la moitié nord du pays.
Le réchauffement climatique augmente progressivement la probabilité de telles situations. Selon Météo-France, plus de la moitié des vagues de chaleur recensées en France depuis 1947 se sont produites depuis 2010, alors que cette période ne représente qu’une petite partie de la série d’observations.
Une vague de chaleur en septembre 2026 serait donc inhabituelle du point de vue du calendrier traditionnel, mais elle ne constituerait plus aujourd’hui un phénomène véritablement improbable.
Début septembre : la période à surveiller en priorité
À la date du 23 août 2026, les différents scénarios disponibles semblent surtout inviter à surveiller la première moitié de septembre.
Après une fin août plus instable et temporairement plus fraîche, un retour des hautes pressions pourrait favoriser une remontée des températures. Si un flux de sud ou de sud-ouest venait à s’installer durablement, de l’air très chaud en provenance de la péninsule Ibérique ou d’Afrique du Nord pourrait atteindre la France.
Dans un tel scénario, des températures dépassant largement les normales saisonnières seraient possibles. Il faudra cependant attendre les prévisions à courte et moyenne échéance avant de déterminer si cette chaleur éventuelle sera simplement estivale, constituera une vague de chaleur ou atteindra réellement les critères d’une canicule.
Une seconde moitié de septembre plus incertaine
La tendance devient beaucoup plus incertaine pour la deuxième quinzaine.
Certains scénarios envisagent une diminution progressive de l’influence anticyclonique et un retour de conditions plus dépressionnaires. Cette évolution favoriserait davantage de passages perturbés et d’orages, en particulier autour de la Méditerranée. Météo-France privilégie d’ailleurs, à l’échelle du trimestre août-octobre, un scénario plus humide que la normale autour du bassin méditerranéen et dans les régions françaises proches de la Méditerranée.
La chaleur tardive pourrait alors s’accompagner d’un autre risque caractéristique du début de l’automne : les épisodes méditerranéens, capables de provoquer de très fortes précipitations en peu de temps.
Septembre est en effet un mois de transition. Pour les météorologues, l’automne commence le 1er septembre, mais cette période peut encore alterner journées estivales, fortes chaleurs, orages violents et premières séquences franchement automnales.
Le rôle possible d’El Niño
Un autre élément devra être surveillé au cours des prochains mois : El Niño.
Météo-France indiquait le 11 août qu’un nouvel épisode El Niño, apparu en juin 2026 dans le Pacifique équatorial, continuait de se renforcer. Les modèles saisonniers envisageaient même la possibilité d’un épisode très intense au cours des mois suivants.
El Niño influence la circulation atmosphérique mondiale, mais son impact direct sur le temps en France est beaucoup moins simple que dans certaines régions tropicales. Il serait donc abusif d’en déduire qu’El Niño provoquera automatiquement une canicule française en septembre. Il constitue plutôt un facteur supplémentaire dans un contexte climatique mondial déjà particulièrement chaud.
Quelle tendance retenir pour septembre 2026 ?
Le scénario actuellement privilégié est celui d’un septembre globalement plus chaud que la normale en France, avec une possibilité assez sérieuse de périodes estivales, notamment au début du mois.
Une nouvelle vague de chaleur reste donc possible, et une canicule tardive ne peut pas être exclue. En revanche, aucune prévision météorologique suffisamment fiable ne permet, au 23 août, d’affirmer qu’une canicule se produira effectivement en septembre 2026.
Il faudra surtout surveiller l’évolution des modèles pendant les derniers jours d’août puis, à beaucoup plus courte échéance, les prévisions et la vigilance de Météo-France.
Après un été 2026 marqué par des records de chaleur, la rentrée pourrait ainsi se dérouler sous des températures encore estivales. Mais septembre reste un mois de transition : chaleur tardive probable ne signifie pas nécessairement canicule, et l’arrivée de perturbations, d’orages ou d’épisodes méditerranéens pourrait rapidement modifier la situation.
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