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“Trump Gold Card” : un visa à 1 million de dollars qui rebat les cartes de l’immigration américaine

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Le 10 décembre 2025, l’administration Trump a mis en ligne un portail officiel proposant une nouvelle voie d’accès accélérée à la résidence permanente américaine : la Trump Gold Card. Le principe est simple (et explosif politiquement) : payer des frais de dossier de 15 000 $, passer une vérification approfondie, puis effectuer une contribution (“gift”) de 1 million de dollars pour obtenir une résidence « en un temps record ».

Trump Gold Card

Derrière cette promesse de “fast-track”, le programme soulève déjà des questions : peut-on créer, par décret, une filière migratoire qui avantage ouvertement les ultra-riches ? Et que devient l’architecture traditionnelle des visas économiques américains, notamment l’EB-5 ?

Sur le site gouvernemental trumpcard.gov, la Gold Card est présentée comme un visa fondé sur la capacité d’un candidat à apporter un « bénéfice substantiel » aux États-Unis. Le parcours annoncé se déroule en trois temps : dépôt de la demande + frais non remboursables, contrôle de sécurité/antécédents, puis approbation. (trumpcard.gov)

Le portail détaille aussi une déclinaison “Trump Corporate Gold Card” : une entreprise peut “sponsoriser” un salarié étranger avec 15 000 $ de frais par employé et une contribution de 2 millions de dollars par employé après validation. Particularité notable : l’entreprise pourrait réaffecter la contribution liée à un ancien dossier pour sponsoriser un nouvel employé, moyennant des frais (dont un 1% annuel de maintenance et 5% de frais de transfert incluant un nouveau contrôle).

Le programme prévoit également l’inclusion de la famille (conjoint et enfants non mariés de moins de 21 ans), avec 15 000 $ et 1 million de dollars par membre.

La “Gold Card” s’appuie sur l’Executive Order 14351, signé le 19 septembre 2025, qui ordonne au Département du Commerce, en coordination avec le Département d’État et le DHS, d’établir le programme. Le texte fixe le “gift” à 1 million (individuel) ou 2 millions (via une entité), et prévoit que ces dons soient déposés dans un fonds distinct au Trésor et utilisés pour soutenir le commerce et l’industrie américains.

Point clé : le décret indique aussi comment l’administration entend “raccrocher” le dispositif au droit existant, en demandant aux autorités de considérer la contribution comme un élément de preuve d’éligibilité dans des catégories d’immigration économique (références à des sections du code sur capacités “exceptionnelles”, “national interest waiver”, etc.).

Selon l’Associated Press, la Gold Card est conçue pour remplacer l’EB-5, un programme créé par le Congrès en 1990 pour stimuler l’économie via investissement et création d’emplois.

Or l’EB-5 repose traditionnellement sur une logique “investir dans une entreprise américaine” avec des exigences de création d’emplois (par exemple, les documents du Congrès rappellent le principe des 10 emplois à temps plein).

La Gold Card, elle, met en avant une contribution au gouvernement plutôt qu’un investissement productif ciblé, et sa communication insiste surtout sur la rapidité, la sélection par “valeur” et la promesse de recettes publiques.

L’un des aspects les plus commentés est le contraste : au moment où l’administration durcit l’immigration sur d’autres fronts, elle ouvre une voie d’exception pour les plus fortunés. L’AP note cette tension, rappelant le contexte de crackdowns et de priorités sécuritaires, tandis que la Gold Card vise à attirer (et retenir) des profils jugés “top talent”, y compris des diplômés étrangers de grandes universités américaines.

Les premières réactions se concentrent sur trois grands axes :

  1. Légalité et rôle du Congrès. Des spécialistes interrogés par la presse soulignent qu’un nouveau mécanisme de visa peut se heurter aux compétences du Congrès et aux plafonds/quotas existants, ouvrant la porte à des recours.
  2. Équité : vers une immigration à deux vitesses. L’idée qu’une résidence accélérée soit accessible “à prix fixe” aux ultra-riches alimente l’argument d’un système à deux vitesses, où l’argent court-circuite les files d’attente.
  3. Intégrité du dispositif. Certains observateurs alertent sur les risques d’abus (y compris blanchiment ou contournements), précisément parce que la contribution est centrale et que la demande pourrait attirer des candidats à profil sensible — même si le portail insiste sur des contrôles renforcés.

Le portail officiel annonce une “Trump Platinum Card” “coming soon” : 15 000 $ de frais et 5 millions de contribution, avec la possibilité de séjourner jusqu’à 270 jours sans être soumis à l’impôt américain sur les revenus non-U.S. (selon les conditions affichées).

C’est un terrain encore plus explosif, car il touche directement à la fiscalité — domaine où l’intervention du Congrès est généralement incontournable — et plusieurs médias soulignent déjà ces obstacles.

Ce qu’il faut surveiller maintenant

  • Les textes d’application (règles, procédures, articulation avec les catégories existantes et les quotas).
  • Les recours et la réaction du Congrès.
  • La demande réelle : le programme se veut une machine à recettes, mais son avenir dépendra de la sécurité juridique et de la confiance des candidats (et des entreprises).

Si vous voulez, je peux aussi adapter l’article à un format précis (tribune, reportage, fiche explicative, ou version courte “LinkedIn”) et à votre public (grand public, étudiants, juristes, entrepreneurs).


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